L’acné est une maladie inflammatoire de la peau qui touche autant les adolescents que les adultes. On la réduit souvent à quelques boutons alors qu’elle résulte d’un ensemble de mécanismes complexes au niveau du follicule pilosébacé, là où se trouvent les glandes sébacées. Comprendre ces mécanismes permet de mieux accepter ce qui se passe sur la peau et de faire des choix plus adaptés en termes de soins et de traitements. C’est aussi un moyen de lâcher un peu la culpabilité et de sortir de l’idée que tout serait lié à une “mauvaise hygiène”.
Comment se forme l’acné sur une peau grasse
La plupart des peaux acnéiques sont grasses ou à tendance grasse. Les glandes sébacées produisent du sébum en excès, on parle d’hyperséborrhée. Ce sébum n’est pas un ennemi, il protège la peau, mais lorsqu’il est trop abondant ou de mauvaise qualité il devient l’un des acteurs principaux de l’acné.
Au niveau de l’orifice du follicule pilosébacé, les cellules de la couche cornée se renouvellent. Quand ce renouvellement se dérègle, les cellules mortes s’accumulent et forment un bouchon. On appelle ce phénomène hyperkératinisation. Le sébum a alors plus de mal à s’écouler et reste piégé dans le follicule. Ce milieu riche en lipides est idéal pour la prolifération d’une bactérie naturellement présente sur la peau, Cutibacterium acnes (anciennement Propionibacterium acnes).
Lorsque cette bactérie prolifère dans un follicule déjà obstrué, le système immunitaire réagit. C’est le début de l’inflammation. Le résultat visible sur la peau est ce que l’on appelle une lésion d’acné. Selon le stade et l’intensité de cette inflammation, les lésions ont un aspect différent et un niveau de gravité variable.
Les différentes lésions : du point noir au nodule
On regroupe les signes de l’acné en plusieurs types de lésions. Les reconnaître permet de mieux décrire sa peau au dermatologue et de comprendre pourquoi certains traitements sont nécessaires.
Les comédons ouverts, souvent appelés points noirs, correspondent à un follicule dilaté rempli de sébum et de cellules cornées. Le contenu du follicule s’oxyde au contact de l’air, ce qui explique la couleur sombre en surface. Les comédons fermés, ou points blancs, sont eux aussi des bouchons de sébum et de kératine, mais l’orifice folliculaire reste fermé. Ils forment de petites surélévations blanches ou couleur chair.
Quand l’inflammation s’installe, les lésions deviennent rouges et parfois douloureuses. Les papules sont de petites bosses rouges inflammatoires sans pointe blanche apparente. Les pustules sont similaires aux papules mais contiennent du pus. Quand l’inflammation est plus profonde, on peut voir apparaître des nodules ou des kystes, volumineux, douloureux, qui laissent souvent des cicatrices.
Une acné dite légère comporte surtout des comédons et quelques papules ou pustules. Une acné modérée ou sévère associe un grand nombre de lésions inflammatoires, parfois des nodules et des kystes. Ce niveau de sévérité oriente la prise en charge et les traitements proposés.
Facteurs hormonaux et acné hormonale
Les hormones jouent un rôle clé dans l’acné, en particulier les androgènes, présentes chez les hommes et les femmes. Elles stimulent la production de sébum. C’est l’une des raisons pour lesquelles l’acné débute souvent à la puberté, au moment où le système hormonal se met en place.
Chez l’adulte, surtout chez la femme, l’acné peut être liée à des variations hormonales au cours du cycle. On observe alors des poussées quelques jours avant les règles, souvent localisées sur le bas du visage, le menton et la mâchoire. On parle parfois d’acné hormonale. Certains troubles comme le syndrome des ovaires polykystiques peuvent aussi s’accompagner d’une acné persistante.
La grossesse est une autre période de variations hormonales. Certaines personnes voient leur acné s’améliorer, d’autres au contraire développent ou aggravent des boutons. Dans ces situations, les traitements doivent être soigneusement adaptés, car de nombreux médicaments anti-acné sont contre-indiqués.
Microbiote cutané et inflammation
La peau est un écosystème où cohabitent bactéries, levures et autres micro-organismes. C’est ce que l’on appelle le microbiote cutané. Dans une peau équilibrée, ces micro-organismes vivent en relative harmonie. Dans l’acné, cet équilibre se modifie. La bactérie Cutibacterium acnes devient plus abondante dans les follicules obstrués et produit des substances inflammatoires.
Cette inflammation se traduit par rougeurs, douleur et parfois chaleur locale. La qualité de la barrière cutanée joue aussi un rôle. Une peau agressée, trop décapée ou irritée réagit plus facilement. Elle devient plus réactive à des stimuli qui seraient sans conséquence sur une peau en meilleur équilibre.
Des actifs comme l’acide azélaïque, les prébiotiques ou certains lactobacilles topiques sont étudiés pour leur capacité à moduler le microbiote et l’inflammation. Ils n’effacent pas à eux seuls les causes profondes, mais peuvent aider à apaiser l’environnement cutané.
Stress, alimentation et mode de vie
Le stress ne crée pas de toutes pièces une acné, mais il peut nettement l’aggraver. Sous l’effet du stress chronique, l’organisme libère des hormones comme le cortisol qui modifient la réponse immunitaire et l’inflammation. Le sommeil est souvent perturbé, ce qui nuit aux mécanismes de réparation nocturne de la peau.
L’alimentation est un autre sujet fréquemment évoqué. Les études suggèrent un lien entre acné et aliments à index glycémique élevé, comme les sucres rapides et certains produits très transformés. Une consommation importante de laits et de produits laitiers pourrait aussi jouer un rôle chez certaines personnes, même si le lien n’est pas aussi simple qu’on le pense parfois. L’objectif n’est pas de supprimer des groupes d’aliments sans réflexion, mais de privilégier une alimentation variée, riche en fibres, en légumes et en bonnes sources de protéines.
Le tabac, certains compléments alimentaires riches en vitamine B12 ou en iodures et des facteurs environnementaux comme la pollution peuvent également influencer la qualité de la peau.
Acné ou autre pathologie : rosacée, acné excoriée
Toutes les rougeurs avec boutons ne sont pas de l’acné. La rosacée par exemple se caractérise par des rougeurs diffuses, parfois des vaisseaux apparents et des boutons inflammatoires surtout sur le centre du visage, souvent sans comédons. Les facteurs déclenchants sont différents, avec un rôle important de la chaleur, de l’alcool, des variations de température. Confondre rosacée et acné conduit à utiliser des soins inadaptés qui aggravent les symptômes.
L’acné excoriée est une autre forme particulière. Les lésions de départ peuvent être modestes, mais sont systématiquement grattées, triturées ou arrachées. Cela crée des plaies, des croûtes et laisse souvent des cicatrices marquées. Ce comportement est parfois lié à de l’anxiété ou à un trouble compulsif. Le soutien psychologique peut être aussi important que la prise en charge dermatologique.
Face à un doute, à des lésions qui s’aggravent rapidement ou qui font très mal, une consultation auprès d’un dermatologue est essentielle. Un examen clinique permet de distinguer les diagnostics et de proposer les traitements adaptés.
Pour aller plus loin dans la mise en pratique et structurer vos gestes au quotidien, une étape clé consiste à bâtir une routine adaptée. Vous pouvez approfondir ce sujet avec l’article dédié à la routine peau grasse et acnéique qui détaille comment organiser les soins matin et soir de manière cohérente.




