Sur le visage, les lèvres font partie des zones les plus exposées et les moins bien armées pour se défendre. Elles forment un tissu de transition entre la muqueuse de la bouche et la peau du visage. Leur épiderme est beaucoup plus fin, presque dépourvu de glandes sébacées et de glandes sudorales, avec un film hydrolipidique très réduit et peu de pigments protecteurs. Résultat : la moindre variation de température, le vent, le soleil ou un produit irritant se traduisent très vite par une sensation de sécheresse et de tiraillement.
Un léger dessèchement est banal et réversible. La surface paraît un peu rêche, le rouge à lèvres accroche, mais la peau reste globalement intacte. Lorsque les gerçures apparaissent, la situation est différente. De petites fissures s’ouvrent dans la couche superficielle, parfois jusqu’à la muqueuse. Les lèvres deviennent douloureuses, brûlent au contact des aliments, peuvent saigner ou former de petites croûtes. Si une lésion persiste, s’étend ou récidive toujours au même endroit, on n’est plus seulement face à de “simples lèvres gercées” mais possiblement à une forme de chéilite, c’est‑à‑dire une inflammation avérée des lèvres.
Pour une marque spécialisée en dermatologie, ces nuances comptent. Comprendre ce qui se passe au niveau de la barrière cutanée et de la muqueuse labiale permet d’intervenir tôt avec les bons gestes : limiter les facteurs qui agressent, choisir un baume réellement réparateur et savoir quand un avis médical devient nécessaire. C’est ce qui évite le passage à des gerçures chroniques, à une chéilite de contact ou à d’autres complications.
Pourquoi les lèvres se gercent si facilement
Les lèvres ne sont pas une peau comme les autres. Leur couche cornée est très fine et pauvre en lipides protecteurs. Elles ne possèdent pas de glandes sébacées fonctionnelles, donc pas de film gras naturel suffisant pour retenir l’eau. Résultat : la moindre agression déstabilise la barrière cutanée.
Quelques facteurs aggravants fréquents :
- Le froid, le vent, l’air sec du chauffage
- Le soleil, qui augmente l’inflammation et l’évaporation de l’eau
- Le léchage répété des lèvres, qui dissout les lipides de surface
- Certains rouges à lèvres ou baumes parfumés irritants
- Le tabac, qui altère la microcirculation et assèche les muqueuses
Sur cette base fragile, la moindre surcharge mécanique ou chimique suffit à créer des gerçures des lèvres, puis parfois de vraies lésions sur les lèvres si rien n’est corrigé.
Ce qui se passe dans une lèvre gercée
Une lèvre gercée correspond d’abord à une microfissure de la couche cornée et de l’épiderme superficiel. On parle de gerçures lèvres ou de gerçure des lèvres pour ces fentes peu profondes qui restent limitées à la surface.
Sur le plan biologique, plusieurs phénomènes se combinent :
- Diminution des lipides de barrière (dont les céramides)
- Augmentation de la perte en eau par évaporation
- Micro-inflammations locales, responsables de la rougeur des lèvres et de la sensation de brûlure
- Accélération du renouvellement cellulaire, qui donne des lèvres squameuses et des lèvres qui pèlent
À ce stade, les lèvres sont surtout rugueuses, inconfortables, parfois un peu fissurées aux commissures. La peau tiraille mais cicatrise encore assez vite si l’on met en place une protection adaptée.
Du simple gerçure à la lésion sur la lèvre
Quand la lèvre reste exposée aux mêmes agressions, la gerçure peut se transformer en lésion plus profonde. Il existe un véritable continuum entre sécheresse, gerçures et lésions sur les lèvres.
1. Gerçures superficielles
- Fines lignes blanches ou rougeâtres
- Sensation de lèvres irritées et sèches
- Petites peaux qui se soulèvent
- Confort rapidement amélioré avec un baume adapté
On est encore sur de la sécheresse et de la fragilité de barrière. La structure de la lèvre reste globalement intacte.
2. Fissures plus profondes
- Fentes visibles, parfois douloureuses à l’ouverture de la bouche
- Légers saignements possibles
- Lèvres fissurées, surtout au milieu ou aux commissures
La barrière cutanée est clairement rompue. Chaque mouvement de la bouche entretient une micro-déchirure. Des bactéries ou levures peuvent s’y installer plus facilement.
3. Croûtes et érosions
- Zones à vif, rouges ou jaunâtres, parfois recouvertes de croûtes
- Douleur au toucher, sensation de brûlure persistante
- Aspect de lèvres très irritées et très rugueuses
Il ne s’agit plus seulement de gerçures mais de lésions superficielles. La muqueuse tente de cicatriser en formant des croûtes. Si l’inflammation se maintient, la cicatrisation peut devenir lente ou incomplète.
4. Ulcérations et lésions suspectes
- Plaies profondes, bien délimitées, qui ne guérissent pas ou récidivent
- Lésions qui saignent facilement ou s’épaississent
- Douleurs marquées, parfois décharges ou picotements intenses
À ce niveau, on n’est plus dans le tableau classique des lèvres gercées. Il peut s’agir d’une chéilite sévère, d’une infection localisée ou plus rarement d’une lésion précancéreuse. Une évaluation médicale est nécessaire.
Comment distinguer lèvres gercées et lésion plus inquiétante
Quelques critères simples aident à différencier une gerçure banale d’une lésion sur la lèvre à surveiller.
Durée d’évolution
- Gerçures simples : s’améliorent en quelques jours avec un baume adapté et une meilleure protection contre le froid ou le soleil
- Lésions suspectes : persistent plusieurs semaines malgré des soins réguliers, ou récidivent toujours au même endroit
Une lésion des lèvres qui ne montre aucun signe de cicatrisation au bout de 10 à 15 jours doit alerter.
Douleur et gêne fonctionnelle
- Lèvres gercées : douleur modérée, surtout en cas de sourire large ou d’aliments acides
- Lésion profonde : douleur constante, parfois pulsatile, gêne importante pour parler ou manger
Des lèvres douloureuses au repos, en permanence, sont un signe de gravité supplémentaire.
Aspect de la surface
- Gerçures : fissures fines, peau sèche, lèvres qui pèlent par petites squames
- Lésions : croûtes épaisses, plaies à bords nets, ulcérations, zones blanchâtres ou très rouges qui contrastent avec le reste de la muqueuse
Des changements de couleur localisés, une surface irrégulière ou épaissie justifient une consultation.
Symptômes associés
- Simple sécheresse : tiraillements, petites peaux, légères rougeurs
- Atteinte plus profonde : gonflement, lèvres enflées, sensation de chaleur locale, parfois lèvres engourdies
L’apparition de vésicules groupées, très douloureuses, orientera plutôt vers un herpès labial qu’une gerçure classique.




